Rénover un bien immobilier est souvent le fruit d’un parcours plus ou moins clair. En creusant plus en détail les étapes qui vous conduisent à des travaux, un enchainement de phases peut toute même être défini. Explorons ensemble ces grandes étapes !

Inspiration et découverte
Petit ou très lourd, un projet de rénovation nait le plus souvent d’un processus assez long de réflexion et de réponse à un besoin : remettre à mon goût l’intérieur de ma nouvelle maison, changer de cuisine, améliorer mon confort thermique… Ce processus émerge lors d’une phase de découverte et d’inspiration qui peut prendre des années au fil des lectures, discussions, et reportages TV. Les salons et autres showrooms de magasins jouent aussi un rôle important dans cette étape de prise d’information diffuse : « ce carrelage-là irait bien dans ma salle de bain… », «je verrais bien ce poêle à bois dans mon salon… », etc.
Cette étape se termine généralement par un déclic, une sorte d’évidence qu’il faut faire ce projet. Ce déclic peut être faible comme une énième émission de TV ou plus évident comme un évènement de la vie quotidienne : une famille qui s’agrandit, du télétravail qui se pérennise, un proche âgé à accueillir, ou simplement une chaudière qui montre des signes de faiblesse…
Motivation
Le projet est intéressant, mais je dois encore me motiver et me convaincre que c’est la bonne décision. C’est bien souvent une phase d’aller-retour, d’hésitation, de grande excitation suivie de découragement. C’est aussi une période d’inconfort et de doute. La prise de nouvelles informations plus détaillées et de partages d’avis sont alors des moyens de se convaincre ou au contraire de reculer face à votre nouveau projet. En général, c’est l’étape où l’on ébauche des premières esquisses pour pouvoir se projeter, où l’on recherche des documentations de produits, visite des chantiers témoins, etc.
Préparation
Cette étape est cruciale pour la suite du projet. Cruciale parce que cette étape est un prérequis indispensable à la bonne réalisation des travaux et leur faisabilité : si le chantier est mal préparé, il y a peu de chance pour que la réalisation soit à la hauteur de vos attentes. Cette phase est en réalité une succession d’étapes, parfois assez techniques comme la réalisation de plans ou les consultations d’entreprises.
À ce stade du projet, le chantier n’est pas encore lancé mais il peut déjà il y avoir des frais ou du temps engagés pour avancer (architecte, maitre d’œuvre, étude thermique…).
Définition technique du projet :
- Relevé simple de la/les pièces existantes (ou façades/toitures).
- Photos d’état des lieux avant travaux
- Décrire le projet avec des mots simples et précis. Ce sera une base solide pour demander d’éventuels devis à des entreprises.
- Dessiner le projet sur le relevé existant : mieux vaut un plan à main levé que pas de plan du tout ! Un croquis avec quelques cotes vaut milles mots… Si vous vous sentez une âme d’architecte ou de décorateur(trice), vous pouvez faire des plans au propre avec un logiciel d’aménagement grand public (sketchup, sweethome3d, etc.). Pour les projets de salle de bain ou de cuisine, les fournisseurs proposent généralement des outils dédiés avec des bibliothèques d’objets correspondant à leur gamme de produits.

- À partir des plans et des relevés, vous pouvez définir les quantités (métrés) à faire chiffrer.
- Chiffrer les travaux : consulter des entreprises et comparer les devis.
Sur la base des descriptifs de travaux, vous pourrez comparer les contenus des devis et les prix pour choisir une entreprise ou un fournisseur. À ce stade, il est important d’avoir bien calé votre projet pour éviter de faire de nombreux aller-retours chronophages avec les entreprises. Une entreprise (ou un fournisseur) vous répondant d’autant mieux que votre demande est claire et figée, toute en restant ouverte aux avis et conseils des « sachants » du métier.
- Planifier les travaux : c’est un exercice délicat, mais indispensable pour caler les différentes phases du chantier qui doivent s’enchainer : mieux vaut avoir préparé la plomberie avant d’installer la baignoire !

La réalisation
Vous avez maintenant des plans, des descriptifs, des prix et un planning… Reste plus qu’à appuyer sur le bouton « Go ! ». C’est une étape critique : au-delà de cette limite, par définition, le retour en arrière sera difficile voire impossible. Quand toute la cuisine est démolie, vous ne pouvez plus changer d’avis et revenir en arrière, sauf à recourir à des moyens de transport dans le temps… C’est donc un peu stressant, mais aussi excitant, comme le saut à l’élastique ou le deltaplane ! Certain(e)s deviennent même addict à ce petit grain de folie passager !
Selon les projets, le démarrage du chantier peut passer par une phase de travaux préparatoires comme l’installation de réseaux de raccordement avec des contraintes administratives fortes. Par exemple, si vous vous lancer dans la réhabilitation d’une vielle grange en gîtes, vous aurez certainement besoin d’un nouveau raccordement au réseau de distribution électrique public : le maitre mot est alors patience et persévérance… Idem pour les raccordements téléphoniques.
Quand le chantier peut démarrer pour de bon, vous endossez très souvent une nouvelle casquette : le suivi du chantier. C’est un véritable métier et les maitres d’œuvre en sont les spécialistes. Dans tous les cas, en tant que maitre d’ouvrage (client qui commande les travaux) vous conservez un rôle essentiel de validation des étapes du chantier, de réception des ouvrages et de règlements des travaux. Si vous cumulez le rôle de maitre d’œuvre (qui a conçu et suit la réalisation), alors vous endossez aussi la responsabilité de suivre l’avancement du chantier, sa coordination et la conformité des ouvrages réalisés. Vous entrez alors dans une période de forte charge mentale qu’il est préférable d’anticiper en se ménageant des journées entièrement disponibles pour le projet (ou pour souffler un peu si le chantier est long). Il existe des outils et des méthodes pour vous faciliter ces tâches et mettre de l’huile dans la machine !
Pour la gestion du planning de chantier, par exemple, des logiciels comme GanttProject permettent de prévoir les enchainements des phases de chantier et d’organiser les interventions des différents corps de métier dans le projet. Pour le suivi financier, votre tableur favori (MS Excel, Calc chez Libre Office…) peut largement suffire à suivre les paiements par postes de travaux. En autorénovation, c’est un sujet souvent négligé et pourtant critique pour finaliser le chantier en tenant le budget initial.
À la fin de chaque ouvrage ou intervention d’une entreprise pour un lot de travaux donné, il est fortement recommandé d’établir un procès-verbal de réception (exemple : terrassement et fondations). C’est un document neutre entre vous et l’entreprise qui réalise les travaux, avec mention du maitre d’œuvre si présent. Ce PV de réception n’est pas anodin : il marque le transfert de propriété entre l’entreprise et vous, et donc le paiement du solde des travaux de ce lot. La plupart des entreprises « oublient » de faire signer ce document, mais c’est une pièce juridique indispensable. Le PV de réception lance aussi la période de garantie décennale pour les ouvrages qui y sont soumis.
Après le chantier
Votre chantier est terminé, vous êtes bien chez vous ! Vous pouvez souffler aussi et profiter au maximum de votre projet terminé. Cependant, il peut rester une activité essentielle après la fin de chantier : la maintenance et l’entretien. Par exemple, vous avez enfin la piscine de vos rêves mais vous devez garder à l’esprit qu’il reste un indispensable entretien à assumer, du basique nettoyage jusqu’au remplacement de la pompe de filtrage. Cette maintenance peut aussi engendrer des coûts de fonctionnement qu’il vaut mieux avoir anticipé. Mais peut-être rêvez-vous déjà à un nouveau projet ? Installer une véranda, changer de chauffage… ?

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