Vous souhaitez remplacer ou installer un système de chauffage au bois, mais vous ne savez pas quel appareil choisir ? Quel combustible est le mieux adapté à votre situation ? Regardons ensemble quels sont les principaux avantages et les inconvénients des solutions existantes sur le marché.
Bois bûche, granulés ou plaquettes : de quel bois allez-vous vous chauffer ?
Le bois, une énergie bon marché !
Globalement, le bois est l’énergie la moins chère du marché pour le chauffage des logements individuels. C’est aussi une énergie très répandue dans les territoires ruraux avec l’utilisation du bois-bûche. Coté environnemental, le bois est assimilé à une énergie renouvelable si on considère que la forêt est gérée durablement avec le remplacement de chaque arbre coupé et que la gestion des parcelles tient compte des écosystèmes forestiers.
Les types de combustible
- Le bois bûche : les arbres abattus sont simplement séchés et débité en buche de 30 à 50 cm ou livrés en tronçons de 1m à recouper chez soi. Le séchage est très important pour une bonne qualité de combustion. C’est l’énergie la moins chère actuellement.
- Le bois déchiqueté en plaquettes : les arbres et les branches sont broyés en plaquettes de bois d’une taille de quelques centimètres. Ce combustible ne peut être brûlé que dans des chaudières spécialisées.
- Les granulés de bois : il s’agit de sciure séchée et compressée sous forme de granulés à bruler dans un poêle, un insert ou une chaudière dédiée.
- Les bûches de bois compressé : c’est une sorte de granulé de bois XXL de la taille d’une bûche de bois, à utiliser dans un appareil à bois buche.

De gauche à droite : les granulés de bois, les bûches de bois compressé, le bois-bûche
Le stockage
Les encombrements de ces différents combustibles sont très variables. Par exemple, les plaquettes prennent 5 fois plus de place que les granulés de bois. Selon la place disponible pour le stockage, et la quantité d’énergie à fournir, vous vous orienterez naturellement vers un type de bois-énergie plutôt qu’un autre. Par exemple, pour une rénovation dans une ancienne ferme réhabilitée et avec beaucoup de place, vous pourrez aisément installer un silo de stockage pour des plaquettes de bois ou des bûches. A l’inverse, dans un petit logement, un poêle à granulés fera l’affaire avec le stockage du chauffage d’un hiver sur une palette sous un appentis de toit ou au fond d’un garage.

Le granulé de bois est l’énergie la plus dense dans la famille du bois-énergie, pratiquement équivalente au propane et deux fois moins dense que le fioul.
Choisir un appareil adapté à votre usage
La chaudière bois pour un chauffage central
C’est une solution bien adaptée en remplacement d’une chaudière existante, typiquement au fioul. En général, la présence d’une chaudière est révélatrice d’une consommation importante de combustible et implique bien souvent aussi l’habitude d’un système qui « marche tout seul » avec des démarrages et arrêts automatique. La chaudière granulés (ou plaquette si vous disposez de suffisamment de place pour le silo) est la reine de ce créneau. Pour peu que le changement de chaudière s’accompagne d’une isolation de la maison, le silo de stockage du granulé peut prendre la place de la cuve de fioul.
Pour les maisons « tout électrique » et avec de forts besoins de chauffage (plus de 15 000kWh/an ou 2000€/an), il peut être judicieux de changer d’énergie avec une chaudière bois et l’installation de nouveaux émetteurs (radiateurs ou plancher chauffant) alimentés par un nouveau réseau de distribution d’eau chaude. Ce sont des travaux qui peuvent apparaître comme très lourds, mais pas tant que ça : en quelques jours, le chantier est bouclé ! Pour les consommations de 150 à 250 sacs de granulés par an, il existe la solution d’une chaudière à granulés avec un mini silo accolé à la chaudière, ce qui baisse sensiblement le prix et permet de bénéficier du confort de la chaudière automatique !


Combien ça coûte?
Chaudière à granulés avec silo textile : 15 000 à 18 000 € (fourniture et pose) selon la taille du silo et la marque de la chaudière
Chaudière à granulés semi-automatique avec un petit silo à rechargement manuel : 7 000 à 13 000 € (fourniture et pose)
Si vous êtes un(e) inconditionnel(le) du bois bûche, il est aussi possible d’installer une chaudière à bûches. Le système de chauffage implique alors de charger et allumer la chaudière au moins une fois par jour en saison de chauffe et de de stocker généralement la chaleur dans un ballon tampon. Pour les chaudières « mixtes » (chauffage et eau chaude), une résistance électrique dans le ballon tampon pendra généralement le relai pendant l’été pour éviter de devoir démarrer la chaudière uniquement pour la production d’eau chaude.


Combien ça coûte?
5 000 à 9 500 € (fourniture et pose, hors fumisterie)
Le poêle et l’insert à bûches
L’insert se pose le plus souvent sur une souche de cheminée en remplacement d’une cheminée à foyer ouvert ou d’un vieil insert dans la pièce de vie principale (salon, salon avec cuisine américaine, …). Le poêle à buche est une version « design » de l’insert. Il se pose directement dans la pièce et se raccorde au conduit de fumée existant et mis aux normes, ou à créer.
Les poêles et insert sont des appareils indépendants chauffant l’air de la pièce et l’environnement proche par rayonnement. Ils ont aussi le gros avantage de ne pas nécessiter d’électricité pour fonctionner par tirage naturel, ce qui peut être très pratique en cas de coupure du réseau électrique (tempêtes, chutes de neige, inondations proches, …).


Combien ça coûte?
1 000 à 2 500 € (fourniture et pose, hors fumisterie)
Leur principal inconvénient est qu’ils ne peuvent pas fonctionner de manière automatique et le feu doit être entretenu régulièrement en ajoutant des bûches. Par ailleurs, avec ces systèmes, il est difficile de répartir la chaleur dans les autres pièces, sauf dans le cas des appareils « canalisables » (équipés d’un système de gaines métalliques de soufflage d’air chaud). Leur puissance moyenne en utilisation courante de 4 à 6kW, ce qui équivaut à 3 ou 4 radiateurs électriques.
Le poêle de masse
Les poêles de masse sont un type particulier de poêle à buche avec une forte masse accumulant la chaleur, en général à la sortie de la chambre de combustion, pour la restituer tout au long de la journée/nuit. Les rendements de ce type d’appareil sont très élevés : pratiquement toute la chaleur est récupérée ! Les poêles de masse sont connus depuis l’antiquité et les romains maitrisaient déjà cette technique pour chauffer les thermes ou les riches villas, en général par le sol !
Les poêles et inserts à granulés
Les poêles et les inserts à granulés ont un énorme avantage sur les poêles à bûches : leur alimentation est automatique depuis le réservoir incorporé dans l’appareil (de 10 à 35kg selon les modèles) et ils sont capables de démarrer et de s’arrêter tout seul !
La forte densité du granulé permet de stocker une bonne journée de fonctionnement dans le réservoir en pleine saison de chauffage.

Bon à savoir
Bien prévoir une arrivée d’air extérieur pour alimenter la chambre de combustion
C’est une solution bien adaptée à la rénovation dans les maisons « tout électrique » en appoint pour réduire les factures d’électricité. En effet, la différence de coûts des énergies fait que chaque sac de 15kg consommé dans le poêle équivaut à une économie de 5€ sur la facture d’énergie (1 sac de granulé coûte environ 5€ mais contiennent autant d’énergie que 10€ d’électricité). Avec une centaine de sacs par an, l’économie avoisine les 500€ par an. Coté fumisterie, en l’absence de conduit existant, il faudra faire installer un conduit d’évacuation des fumées, mais ce sont des travaux légers : le tube des fumées ne fait « que » 8cm de diamètre et chauffe beaucoup moins qu’un tuyau de fumée de poêle à bûches. Le poêle à granulés est aussi une solution pratique en remplacement d’un vieil insert à bois buche, ce qui au passage permet de réduire fortement les émissions de particules fines dans l’atmosphère.
Les inserts à granulés fonctionnent globalement comme un poêle à granulés, avec un stockage dans un silo alimenté par un tiroir au-dessus de l’insert. A l’usage, le remplissage est un peu fastidieux, ce qui limite ces solutions à un usage plutôt d’agrément que de réel appoint de chauffage.

Combien ça coûte?
1 500 à 4 000 € (fourniture et pose, hors fumisterie)
Le poêle « hybride » ou « bi-combustible »
Le poêle hybride permet de consommer aussi bien des granulés de bois que des bûches, mais pas en même temps. Ce système permet de consommer du bois bûche local, bien souvent autoproduit, tout en gardant les avantages du poêle à granulés avec l’automatisation des démarrages/arrêts. Les prix restent élevés, ce qui est assez logique avec la combinaison de deux poêles en un seul, et le nombre de modèles reste limité sur le marché.

Combien ça coûte?
7 500 à 8 500 € (fourniture et pose, hors fumisterie)
Le poêle ou insert « bouilleurs », ou « thermopoêle »
Ces appareils fonctionnent comme des mini-chaudières mixant la compacité du poêle et les avantages d’un réseau hydraulique. Le thermopoêle chauffe à la fois l’air de la pièce où il installé, mais aussi l’eau du réseau hydraulique alimentant des radiateurs ou un plancher chauffant. Extérieurement, il ressemble beaucoup à un poêle à granulés ordinaire, mais il est en général plus haut ou plus large. Son installation nécessite, par contre, de bien prévoir les raccordements hydrauliques et une canalisation d’évacuation pour la soupape de sécurité du réseau.
Ce système s’adapte bien aux logements avec de faibles besoins de chauffage (très bien isolés ou de petite taille). Il a l’énorme avantage de pouvoir produire aussi l’eau chaude sanitaire pendant la saison de chauffe à travers un ballon de préparation (idéalement double échangeur). C’est aussi un bon complément à une installation solaire thermique.
Les thermo-poêles existent aussi bien pour la combustion de granulés ou de bûches.
Inconvénients : ils restent peu répandus en France, revendus avec des marges très confortables, et les distributeurs sont généralement assez réticents à vendre ce type d’appareil qui implique une double compétence pour la pose : un poseur classique de poêle à bois et un plombier pour le raccordement hydraulique. Si cette solution vous intéresse, n’hésitez pas à explorer au-delà de nos frontières : nos voisins italiens, helvètes, allemands ou belges sont bien plus pragmatiques sur ce sujet !

Combien ça coûte?
Thermopoêle buches : 1 500 à 3 000 € (fourniture et pose, hors fumisterie)
Thermopoêle granulés : 3 500 à 5 500 € (fourniture et pose, hors fumisterie)
Points de vigilance
Attention au volume de bois à stocker !
Au-delà du volume de stockage, vous devez anticiper la manutention du combustible qui peut être une contrainte importante au quotidien. Le volume de combustible sera directement lié au besoin de besoin de chauffage du logement. Au-delà de 1,5 à 2t de granulés de bois, ou de 3 à 5 stères de bois, vous serez surement tenté(e) par une solution automatisée d’alimentation en combustible.
Inversement, pour une consommation inférieure à ces seuils, une chaudière granulés automatique sera peu pertinente économiquement. Pour faire le bon choix, une bonne évaluation du besoin de chauffage réel du logement est donc très importante.
Dans le cas d’un logement existant mal isolé, le bon cap est d’abord d’engager des travaux d’isolation pour limiter les consommations et choisir un système plus sobre et plus économique (investissement + fonctionnement) : une maison à très basse consommation ou passive se contentera d’un simple poêle à bûche ou à granulés pour couvrir les besoins de chauffage au lieu d’une coûteuse chaudière automatique à granulés.
La fumisterie : évacuer les fumées de combustion
Installer un appareil à bois implique généralement de tuber le conduit existant pour remettre aux normes ou d’en créer un nouveau. Dans le cas où vous n’avez pas du tout de conduit exploitable, il est possible de créer un nouveau conduit avec des tubes isolés « double peau », en particulier pour les appareils à bois bûche. Le tube des fumées est isolé par un isolant incombustible et enchâssé dans un deuxième tube pour plus de sécurité. Pour les poêles à granulés, le diamètre du tube des fumées et la relative faible température simplifient l’installation.

Combien ça coûte?
Nouveau conduit de fumée « simple peau » de 6 à 8m de long pour un poêle à granulés environ 1000€ (fourniture et pose).
L’étanchéité à l’air
Dommage de dégrader l’étanchéité à l’air avec l’installation d’un appareil à bois ! Pour éviter ces risques, pensez bien aux accessoires d’étanchéité à l’air, notamment les manchettes ignifugées, lors de la création d’un nouveau conduit.
De même, pour les poêles et inserts, privilégier les modèles avec une prise d’air extérieur et la raccorder lors de l’installation à une canalisation d’arrivée d’air frais. Ce système permet d’éviter les pertes par fuite d’air lorsque l’appareil n’est pas utilisé et de ne pas prélever d’air dans la pièce pour alimenter la chambre de combustion.
Le stockage du combustible
Quel que soit le type de combustible choisi, pensez bien à identifier un espace de stockage et un moyen d’accès facile pour les livraisons et les approvisionnements. Pour les chaudières granulés ou plaquettes, l’accès au camion de stockage doit être bien anticipé dans votre projet.
Le stockage du bois bûche est particulièrement important pour conserver un combustible de qualité et sec. Utilisez un bois bien sec est le garant d’un bon rendement de votre poêle à bois et de limiter les émissions de particules fines.

Le monoxyde de carbone
Comme tous les appareils à combustion, votre appareil à bois induit un risque d’incendie et rejet de monoxyde de carbone. Même si les appareils sont très fiables aujourd’hui, l’installation à proximité de l’appareil de chauffage d’un détecteur de monoxyde de carbone et d’un détecteur de fumées est indispensable pour votre sécurité.
Protéger les enfants
Pour les poêles installés dans les pièces de vie, vous devez être particulièrement vigilant(e) avec les enfants en bas âge : leurs petites mains trainent à la même hauteur que les vitres des appareils de chauffage. L’installation d’une barrière bloquant l’accès aux parties chaudes de l’appareil (vitre, parois, tube de fumée, …) est une bonne solution pour sécuriser le périmètre autour de l’appareil !
Entretien et nettoyage
L’entretien courant consiste à évacuer les cendres et nettoyer la/les vitres de la chambre de combustion. L’entretien saisonnier est un ramonage au moins annuel du conduit de fumées, voire plus fréquemment selon votre consommation. Pour les appareils à granulés de bois, pensez aux pièces d’usure qui tomberont inévitablement en panne : la bougie de chauffe pour le démarrage, les ventilateurs de fumées et d’air chaud, la vis sans fin d’alimentation. Pour préserver la bougie de chauffe, éviter de faire des cycles trop courts pour limiter le nombre d’allumage quotidien (idéalement pas plus de 1 ou 2 allumages par jour).
Aller plus loin en vidéo
Cette vidéo complémentaire pose de bonnes questions pour faire une choix judicieux lorsqu’il s’agit d’un poêle.

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